Ma passion pour les langues et le fait que j’apprécie la lecture ont bien sûr dû jouer, mais la raison principale reste la curiosité. En effet, je n’avais jamais entendu parler d’un quelconque concours de traduction avant le PAL, et j’étais donc impatient de découvrir ce à quoi cela pouvait bien ressembler.
Nino Chouet, lauréat du prix ATLAS des lycéens 2026
Tout au long de l’année, ATLAS développe de nombreux projets d’action culturelle, destinés à sensibiliser des publics variés aux enjeux et à la pratique de la traduction littéraire.
En 2026, nous vous proposons d’en découvrir davantage sur ces activités : traductrices et traducteurs animateurs d’ateliers, enseignants, partenaires ou encore participants partageront leurs expériences dans des entretiens publiés chaque mois sur notre blog !
Ce cinquième volet est consacré au Prix ATLAS des lycéens – concours de traduction littéraire. La cérémonie de remise des prix décernés aux 24 lauréats de l’édition 2026 a eu lieu au mois de mars. Afin d’en découvrir davantage sur ce projet, nous donnons la parole à Nino Chouet, lauréat du premier prix en langue anglaise.
En 2026, 193 lycéens et lycéennes ont pu s’essayer à la traduction littéraire en participant au concours en allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, italien ou provençal dans sept médiathèques et établissements culturels de la région.
Peux-tu nous dire quelques mots sur toi ?
Je m’appelle Nino Chouet. J’ai dix-sept ans et j’étudie à Digne-les-Bains au lycée Alexandra David-Néel où je suis en classe de Terminale cette année. J’ai participé pour la première fois au PAL en 2025-2026 en choisissant l’anglais comme langue de travail.
Comment as-tu entendu parler du Prix ATLAS des lycéens ?
J’en ai entendu parler pour la première fois en cours, par mon professeur de LLCE (et je l’en remercie d’ailleurs). Ce n’est qu’après cela que j’ai remarqué les nombreuses affiches dans mon lycée et dans la médiathèque de ma ville, auxquelles je n’avais pas prêté attention…
Quel a été l’aspect le plus stimulant dans le fait de traduire ce texte depuis l’anglais ?
Outre les difficultés liées au vocabulaire qui m’ont obligé à recourir au dictionnaire à chaque phrase, l’aspect le plus stimulant de la traduction a été l’interprétation. En effet, une fois le sens général traduit, il restait plusieurs manières de traduire le style. Et, finalement retrouver celui voulu par l’auteure a représenté pour moi l’exercice le plus difficile.
Personnellement, j’ai apprécié de travailler sur cet extrait de The Haunting of Hill House. Au-delà de la difficulté qui m’a frappé dès les premiers mots, la façon d’écrire de l’auteure m’a beaucoup plu. De plus, je suis un amateur du genre de l’épouvante ou de l’horreur psychologique, alors la lecture de ce texte, bien que difficile, était loin d’être ennuyeuse.
Pendant la remise des prix, tu as détourné une citation du Petit Prince en disant « On ne traduit bien qu’avec le cœur, ce texte était trop compliqué pour un cerveau», citation qui a été appréciée et même reprise dans la presse par la suite. Est-ce que tu t’attendais à une telle réaction ?
À vrai dire non, je ne m’y attendais absolument pas. Je dois avouer que rien n’était préparé à l’avance, je n’étais même pas au courant que les lauréats allaient faire un discours… C’est juste avant mon passage que je me suis rappelé cette citation que je me répète souvent. Et puis, sur le moment, j’ai trouvé qu’elle s’inscrivait bien dans le contexte de la traduction.
Tu as également participé à l’atelier de rétro-traduction proposé aux lauréat·es dans le cadre de la journée de remise de prix. Peux-tu nous parler de cette expérience ?
Honnêtement j’ai adoré cet atelier. J’ai trouvé très original et intéressant le concept de retraduire depuis l’anglais un texte écrit en français à l’origine. J’ajouterai que j’ai eu de la chance d’être tombé dans un si bon groupe, et j’en remercie tous les membres, qui m’ont fait passer un super moment. Enfin, je me rappelle que selon la langue de départ, les différents groupes ne sont pas forcément arrivés au même résultat. J’ai trouvé cela très drôle et représentatif de la difficulté de traduire justement.
Qu’est-ce que tu attendais le plus de cette journée de remise de prix ?
Je n’avais pas forcément d’attentes particulières quant à cette journée. J’étais bien sûr curieux de rencontrer les autres lauréats et de participer à l’atelier proposé, mais je ne souhaitais pas me faire d’idées préconçues. Je dois dire que j’ai été très agréablement surpris par l’accueil, mais surtout par les gens géniaux que j’y ai rencontrés. Que ce soit les traducteurs/traductrices ou les lauréats/lauréates ou les autres personnes rencontrées, je vous remercie toutes et tous du fond du cœur !
Bon, je dois avouer que les chèques LIRE m’intéressaient aussi, mais ils n’étaient pas la raison principale de ma venue !
Ces expériences ont-elles fait évoluer ta vision de la traduction littéraire et du métier de traducteur ?
Absolument, je suis maintenant certain que la traduction littéraire est un art à part entière, bien au-delà de la portée du célèbre « Google Translate » que nous connaissons tous… Quant au fait d’être traducteur, je n’avais jamais vraiment pensé à ce métier comme à une perspective d’avenir. Mais c’est maintenant le cas, grâce aux traducteurs/traductrices et aux étudiantes traductrices passionnées avec qui j’ai eu la chance de pouvoir échanger.
Peux-tu nous partager une anecdote sur un moment qui t’as marqué durant le concours ou la remise de prix ?
Il y a trois moments qui m’ont particulièrement marqué durant la remise des prix, ce sont les lectures des textes par les lauréats de l’arabe, du chinois et du provençal. J’ai été époustouflé de la complexité orale de ces langues que je ne connaissais quasiment pas. Je pense particulièrement au lauréat du chinois qui a déclamé son texte sans la moindre hésitation, ce qui sur le moment m’est apparu comme un exploit titanesque.
Est-ce que tu penses participer de nouveau au Prix ATLAS des lycéens cette année ?
Tout à fait, je serai très heureux d’y participer de nouveau, et qui sait, peut-être reverrai-je l’équipe d’ATLAS à cette occasion !
Rendez-vous le samedi 16 janvier 2027 à Antibes, Arles, Avignon, Draguignan, Laragne-Montéglin, Manosque et Marseille pour la prochaine édition du Prix ATLAS des lycéens !